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Les bassins houillers d'Auvergne

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Créées par décret en 1946, les Houillères du Bassin d'Auvergne couvrent un domaine qui s'étend sur cinq départements : Allier, Cantal, Creuse, Haute-Loire et Puy-de-Dôme. Les concessions des Houillères du Bassin d'Auvergne ont une superficie de 32 000 kmē, ce qui en fait un des plus vastes bassins français. Le charbon était exploité dans plusieurs bassins : Saint Eloy, Messeix, Brassac, Champagnac, Bert-Moncombroux, Noyant d'Allier et l'Aumance où cessera l'extraction du charbon en Auvergne, en 1993 pour le fond, puis en juillet 2001 pour les découvertes.

Messeix : le puits Saint Louis | Puy-de-Dôme

Le gisement d'anthracite de Messeix qui fait également partie du «Grand Sillon Houiller», a la forme d'un fond de bateau orienté sensiblement nord-sud et plongeant légèrement vers le sud avec une pente d'environ 12%. Le bassin mesure 4 km de long et sa plus grande largeur est de 750 m. Une coulée volcanique peu épaisse recouvre le bassin en travers sur une largeur de 700 m environ. Il affleure au nord dans la vallée de la Clidane.
Le charbon est déjà exploité au XVIIIème siècle mais de façon artisanale pour l'alimentation des fours à chaux de la région. La concession de Messeix a été accordée par ordonnance royale du 23 novembre 1831 en faveur de M. Jean-Baptiste Sablon sur 1.118 ha. La mine est rapidement cédée à Charles Vazeilles et cie. En 1878, est fondée la société anonyme des Houillères de Messeix qui prend le relais jusqu'à la nationalisation en 1946. Après cette nationalisation, les Houillères du Bassin d'Auvergne décident de supprimer les anciens quartiers avec plans inclinés et les remplacent par un seul système d'extraction : le puits St Louis (foncé en 1923, diamètre 5 m, recette principale à 320 m de profondeur, mis en exploitation en 1928) et le niveau 740 qui débouche par une galerie au jour au niveau des installations de traitement de Port-Sec (aujourd'hui détruites). La mine de Messeix fut fermée en 1988.
De toutes les installations de la région, il ne subsiste aujourd'hui qu'une partie du carreau du puits Saint Louis à Messeix : chevalement, bâtiment de la machine d'extraction, recette (détruite puis reconstruite après la fermeture de la mine lors de la transformation en musée), ateliers, bâtiments des vestiaires/bains-douches. Du matériel lourd (compresseurs, convertisseurs et commutatrices électriques...) a pu être récupéré lors de la démolition de certains bâtiments et réinstallé au niveau de la recette du puits Saint Louis. Je remercie pour son accueil M. Domagala, président de l'associationMinérailqui gère le musée et propose des visites guidées de ce magnifique site du patrimoine industriel auvergnat.


Vues extérieures du carreau du puits Saint Louis



Machine d'extraction du puits Saint Louis



Vestiaires «salle des pendus» / bains-douches



Local de sous-station électrique



Bâtiment de la recette jour du puits Saint Louis



Bassin de Brassac-les-Mines | Puy-de-Dôme & Haute-Loire

Exploitées depuis le XVIIe siècle, les mines de charbon de Brassac dans le Puy-de-Dôme ont fermé définitivement le 28 juillet 1978 au puits Bayard. Le charbon était transporté par bateau sur l'Allier. Sur la vingtaine de chevalements présents dans le bassin minier (Brassac, Charbonnier, Frugères-les-mines), seuls ceux de Bayard et de La Combelle (puits des Graves) ont été conservés et restaurés. A Bayard se trouve un petitmusée de la mineinstallé dans l'ancienne salle des machines. D'autres vestiges sont encore visibles à La Combelle comme le bâtiment en maçonnerie du puits de la Verrerie et quelques bâtiments (menacés), dont la salle des machines, sur le carreau du puits de Cellamines. En Haute-Loire, le carreau du puits du Monteil sur la commune de Vergongheon est un très bel exemple d'une petite mine du début du XXe siècle. Enfin, au bord de l'Allier, le bâtiment principal de l'ancienne centrale thermique de la Taupe n'a pas été rasé et arbore toujours les initiales «H.B.A.».


• Siège Bayard à Brassac-les-Mines

Le fonçage du puits Bayard débute en 1924 jusqu'à 305 mètres. Une galerie de reconnaissance a été tracée en 1929 vers la concession de Charbonnier en suivant la veine Sole et une autre au niveau 157 se dirige au Nord vers Basse Combelle en suivant les veines Sole et Verrerie. L'unique méthode employée est celle des tailles chassantes avec remblai sec complet. La production en 1929 est de 157 700 tonnes avec 1 013 personnes. Le puits fut ensuite appronfondi à 530 mètres. Le chevalement mesure 34 mètres, ses molettes ont un diamètre de 5 mètres. Il était équipé de cages à 2 étages pouvant contenir 3 berlines de 550 L ou une grande berline de 2 000 L.


• Puits des Graves à la Combelle

Le fonçage du puits des Graves débute en 1913. Il est mis en service en 1924 et atteint 680 mètres pour 5 mètres de diamètre. Le chevalement mesure 39 mètres, ses molettes ont un diamètre de 5 mètres. Il était équipé de cages à 2 étages pouvant contenir 3 berlines de 550 L. L'exploitation se faisait par tailles chassantes ou par tailles avec gradins renversés selon l'inclinaison de la couche.


• Siège de Cellamines à la Combelle


• Centrale thermique de la Taupe à Vézézoux

Située sur la commune de Vézézoux en Haute-Loire, la centrale électrique de La Taupe entre en service en 1951. Elle est alimentée avec les produits de la mine voisine et fournit 15 000 kW sous une tension de 20 000 volts. Malheureusement, l'exploitation du charbon en Haute-Loire cesse en 1954. La centrale subira alors des transformations coûteuses pour utiliser celui de Champagnac (Cantal). Elle brûlera ensuite des vieux pneumatiques, des produits pharmaceutiques et fermera finalement en 1979.
Racheté par un particulier, le bâtiment pricipal privé de ses cheminées, est toujours visible au bord de l'Allier. De l'autre côté de la rivière, au bord de l'étang de Vézézoux, on peut encore voir le terril reprofilé des mines de la Taupe. La légende raconte qu'une taupe apparut un jour à la surface portant un morceau de charbon dans sa gueule, donnant ainsi son nom à la mine.


• Mines de Rilhac à Vergongheon

Les concessions de Rilhac et de Lubière situées en Haute-Loire furent reprises en 1912 par la Sociétés des Houillères d'Ahun, qui exploitait des mines dans la Creuse. L'exploitation cessa en 1939. Il subsiste de nos jours au milieu des champs, un très joli ensemble de bâtiments sur le carreau du puits du Monteil. On peut notamment y voir le bâtiment qui abritait le treuil d'extraction, mais aussi le puits dont les maçonneries remontent 2 mètres au-dessus du sol. Début 2013 le puits est encore ouvert, des travaux de mise en sécurité sont programmés.


Noyant d'Allier | Allier

Au nord du bassin d'Auvergne, à Noyant d'Allier, subsiste le superbe chevalement du puits Central, en béton de 1922 conçu par Eugène Freyssinet, avec ses bâtiments annexes (recette, salle des machines, chambre chaude...). Une association y anime unmusée de la mineet essaye d'obtenir le classement du site. Une quantité importante de matériel minier récupéré aux 4 coins de la France est stockée sur le carreau et dans les bâtiments.
C'est au XIXe siècle que les mines de charbon sont apparues dans les campagnes de l'Allier, entre Montluçon et Moulins (Bourbonnais) ; l'exploitation à Noyant cessa en 1943.


L'Aumance - le Méglin | Buxière-les-Mines - Allier

Les recherches débutent dans le secteur entre 1820 et 1825 par le fonçage d'un puits au sud-est de la Chassagne. La première concession (houille) dite de la Courolle est instituée en 1844, puis ce sera celles de Buxières-la-Grue (houille et schistesbitumineux) en 1849, la Sarcellière (schistes bitumineux) en 1853, les Plamores (houille et schistes bitumineux) en 1858. Le périmètre de l'Aumance est attribué aux Houillères de Bassin d'Auvergne le 26 décembre 1960. Pour permettre l'exploitation du charbon en découvertes, une extension du périmètre sera accordée aux Houillères de Bassin du Centre et du Midi le 31 octobre 1980. En 1981 débute l'exploitation du charbon en mines à ciel ouvert sur les affleurements de la couche. Les livraisons de charbon à EDF cessèrent en 1986. La production fut alors divisée par deux, entraînant un plan social et la fermeture du fond en 1993. La production en découverte continua jusqu'à épuisement des réserves du panneau de la Chassagne, en juillet 2001. De l'exploitation de l'Aumance, il ne reste plus que le lac artificiel qui s'est formé au niveau de la découverte réhabilitée.

Le siège du Méglin fut la dernière mine de charbon privée de la région Auvergne et l'avant dernière du Massif Central. Exploitée par la Société des mines du bassin de l'Aumance, elle ferma le 1er juin 1963. Plusieurs bâtiments en ruines sont encore visibles au milieu de la végétation : lavoir et ses trémies, cheminée, sous-station électrique, ateliers, chambre chaude...


Saint-Eloy-les-Mines | Puy-de-Dôme

Situé sur ce qu'on appelle fréquemment le "Grand sillon houiller du Massif Central", le bassin houiller de Saint-Eloy-les-Mines a été le plus grand bassin de la bordure ouest de l'Auvergne. Exploité depuis la Révolution jusqu'au 15 janvier 1978, il a laissé des traces encore visibles de sa longue période d'activité, dont le chevalement du puits Saint-Joseph en plein coeur de Saint-Eloy-les-Mines et celui, plus petit, du puits II à Youx (hameau de Laval).


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