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Pays-Bas: bassin houiller du Limbourg


28/06/2018

Le bassin houiller du Limbourg a la forme d'une large bande orientée sud-est/nord-ouest qui prolonge le bassin d'Aix-la-Chapelle depuis la frontière allemande jusqu'à la Meuse et se poursuit en Belgique par le bassin de Campine.
L'exploitation du charbon au Limbourg néerlandais débute dans la vallée de la Worm, près de la frontière allemande o le charbon affleure à la surface. Les Romains sont les premiers à utiliser le charbon pour chauffer leurs villas. Au Moyen-Age, l'exploitation par des mineurs-paysans est saisonnière. L'importance des réserves de charbon dans le quart sud-est du Limbourg est mise en évidence en 1870, quand des sondages effectués près de Eygelshoven traversent une couche de charbon conséquente à une profondeur de 154 mètres.
Les Pays-Bas compteront 12 charbonnages (il y aura toutefois quelques fusions dans les dernières années d'exploitation) : 8 mines «privées» (Domaniale Mijn, Willem-Sophia, Oranje Nassau I, II, III et IV, Julia et Laura) exclusivement gérées par des sociétés anonymes et 4 mines d'Etat ou Staatsmijnen (Wilhelmina, Emma, Hendrik et Mauritz). C'est en 1902 qu'est créée la «het Bedrijf der Staatsmijnen» (Compagnie des Mines d'Etat) qui chapeautera les 4 mines d'Etat. Elle sera renommée plus tard DSM (Dutch State Mines), devenue de nos jours une importante multinationale de la chimie. Une cinquième mine d'Etat (mine Beatrix) sera construite mais elle ne produira jamais de charbon. A noter aussi l'existence de la mine privée Neuprick, fermée dès 1904.
Les charbons gras extraits en grande quantité aux sièges Emma, Hendrik et Maurits conduisent les Staatsmijnen à ouvrir en 1919 la cokerie Emma. La qualité du combustible qui est fabriqué est tellement remarquable qu'une deuxième cokerie est construite dans les années 1920 : la cokerie Maurits. Avec la création de ces cokeries, on assiste aux débuts de l'industrie chimique aux Pays-Bas.
Le 17 décembre 1965, le gouvernement néerlandais annonce la fin des mines de charbon suite notamment à la découverte de l'immense gisement de gaz naturel de Groningue. Cette énergie propre est de plus bien moins chère que le charbon extrait à plus de 800 mètres sous la surface. Les fermetures sont alors programmées : la première mine à fermer est la Staatsmijn Maurits en 1967. C'est dans ce contexte que la cinquième mine d'Etat, Béatrix, dont le creusement des deux puits a commencé en 1955, est fermée en 1962 avant même que les premiers charbons en soient extraits. Les activités des cokeries Emma et Maurits prennent fin en 1967-1968. Oranje-Nassau I est la dernière mine à fermer ses portes en 1974. Les 12 mines du Limbourg auront produit 600 millions de tonnes de charbon.
Les vestiges de l'industrie minière sont rapidement rasés, à l'exception du charbonnage Hendrik à Brunssum, qui deviendra le Quartier général du SHAPE (OTAN), de deux terrils, du puits Nulland et du puits n2 de la mine Oranje-Nassau I. De nos jours, ces 2 puits restent les seuls témoins de cette épopée. Cet effacement de la mémoire «physique» est amèrement regretté aujourd'hui. A la fin des années 50, plus de 55 000 personnes travaillaient dnas les mines. Lors du pic de l'industrie minière en 1960, 70% de la population du Limbourg vivait directement ou indirectement des mines.

Source : Wikipedia, Bulletin d'information de Blégny-Mine asbl n25

Mine Domaniale (Domaniale Mijn) : puits Nulland - Kerkrade

La mine Domaniale était la plus ancienne mine de charbon des Pays-Bas. L'essor de l'exploitation du charbon dans la région de Kerkrade est lié à l'abbaye de Rolduc (Kloosterrade). En effet, dès 1114, elle acquiert des propriétés le long de la Worm et développe une exploitation houillère.
En 1793, les troupes françaises prennent le contrôle de l'abbaye et sous l'occupation napoléonienne, les houillères de Rolduc deviennent propriétés de l'Etat français. On parle alors désormais de Mine Domaniale. Ensuite, par la Traité de Vienne de 1815, la Mine revient à l'Etat hollandais. Avec la révolution de 1830 et la création de la Belgique, le charbonnage passe sous le contrôle de l'administration belge. Par l'annexion du Limbourg aux Pays-Bas du Nord en 1839, la Mine Domaniale passent sous domination néerlandaise et à partir de 1846 elles sont louées à la Société du Chemin de Fer Aachen-Maastricht, qui deviendra en 1925 la Domaniale Mijn Maatschappij NV. En 1958, 3000 employés extraient 481 000 tonnes de charbon. Suite à l'annonce de la fermeture des mines néerlandaises, l'Etat acquiert les actions de Domaniale Mijn Maatschappij. La fermeture définitive interviendra le 29 août 1969. Près de 38 millions de tonnes de charbon maigre auront été extraites par cette mine qui comptait 6 puits.
Le puits Nulland (Neuland II) est l'ultime vestige de la Mine Domaniale. Construit en 1907 sur un design du Directeur Wilhelm Husmann, il atteint la profondeur de 260 mètres en 1919. Il sera appronfondi à 370 mètres en 1966. D'abord utilisé pour l'aérage (retour d'air), il servira également à la descente du matériel. Après la fermeture des mines, tous les bâtiments sont démolis, à l'exception du chevalement en maçonnerie qui est restauré. Il surprend par son architecture unique dans le paysage des mines de charbon. Le gros ventilateur que l'on peut voir à côté du chevalement provient d'un des puits de la mine Oranje-Nassau I. Il a été déplacé lors de la restauration du site en 1976.


Mines d'Oranje-Nassau : puits n2 du siège I - Herleen

Les mines Oranje-Nassau (ON) sont fondées durant la dernière décennie du XIXe siècle par l'ingénieur des chemins de fer Henri Sarolea et les frères allemands Honigmann, des spécialistes techniques dans le domaine minier. Quatre sièges sont créés : ON I en 1899 à Heerlen, ON II (appelée aussi Carl) en 1904 à Schaesberg, ON III en 1917 à Heerlerheide et ON IV en 1928 à Heksenberg. Entre-temps, en 1908, la société française Wendel fait l'acquisition des mines Oranje-Nassau pour alimenter ses hauts-fourneaux. Le record de production est atteint en 1937, lorsque les 4 sièges ont extrait 2.93 millions de tonnes. En 1953, la production est de 2.6 millions de tonnes pour un effectif de 8 300 mineurs.
Dans les années 60, notamment en raison de la découverte du riche gisement de gaz de Groningue, la production est concentrée sur le siège I. La mine d'Oranje-Nassau I sera finalement la dernière mine de charbon en activité des Pays-Bas à sa fermeture le 31 décembre 1974. Elle aura produit 31 978 000 tonnes de charbon, sur une production totale de plus de 118 millions de tonnes (sièges I à IV réunis).
Comme cela fut le cas pour toutes les mines du Limbourg, l'ensemble des installations minières est rasé, à l'exception du chevalement du puits n2, dernier rescapé des 3 chevalements que comptait le siège I. Il est un des tous derniers témoins de l'industrie charbonnière au Pays-Bas et abrite aujourd'hui leNederlands Mijnmuseum.


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