Vous êtes ici : Patrimoine Minier > France > Mines du sud-ouest

Mines du sud-ouest

Quelques images d'anciennes exploitations minières du sud-ouest de la France, sans lien entre elles, ont été regroupées dans cette section. Vous y trouverez des photos des mines d'or de Salsigne (Aude), du bassin houiller de Carmaux-Albi (Tarn), du bassin houiller de Graissessac (Hérault) mais encore des mines de fer du massif du Canigou (Pyrénées Orientales).

Les mines d'or de Salsigne - Aude

Salsigne est un petit village audois, situé au pied de la Montagne Noire, à quelques kilomètres au nord de Carcassonne. L'exploitation minière dans la Montagne Noire remonte à l'Antiquité ; on y extrayait du fer, du cuivre, du plomb et de l'argent, mais ce n'est qu'en 1892 que la présence d'or fut découverte par Marius Esparseil. L'exploitation de ce métal précieux débuta en 1910, après la construction d'une usine de traitement du minerai. Le district minier de Salsigne s'étendait sur environ 200 km carrés et comptait 7 concessions (dont toutes ne portèrent pas sur l'exploitation de l'or). En 1936, l'exploitation générait environ 1 600 kg d'or et l'effectif de la mine était de 1 200 personnes. Entre 1940 et 1945, la Société des Mines et Usines de Salsigne procurait de nombreux emplois permettant d'échapper au STO. Par ailleurs, sa production d'anhydride arsénieux, seule arme connue à l'époque pour combattre le doryphore qui dévastait les plantations de pommes de terre, sauva le pays de la famine. La mine de Salsigne était alors le premier producteur mondial d'arsenic.
En 1992, le tribunal de commerce décida de scinder la société en 3 parties parmi lesquelles la société des Mines d'Or de Salsigne (MOS) qui a poursuivi l'exploitation de la mine jusqu'à sa fermeture en 2004. 120 tonnes d'or auront été extraites de ce qui fut la plus importante mine d'or de France et même d'Europe de l'Ouest. Les rendements ont souvent atteint 2 tonnes d'or par an. Le site de l'usine de traitement du minerai, l'un des plus pollué de France, a fait l'objet d'un très gros chantier de dépollution piloté par l'ADEME.
L'exploitation principale était composée d'une mine à ciel ouvert dont il reste l'immense cratère, et d'une mine souterraine desservie par une descenderie routière. Le puits Castan, dont le chevalement et le bâtiment de la machine d'extraction ont été préservés, permettait d'exploiter un second gisement empilé sous le gisement traditionnel. On y trouvait un autre type de minerai découvert en 1969 et nommé 2X.


Le bassin houiller de Carmaux-Albi - Tarn

Dans le bassin carmausin, l'exploitation du charbon remonte au XIIe siècle. Découvert sur les bords du Cérou, une petite rivière traversant Carmaux, il est d'abord recherché par les laboureurs propriétaires du sol. A la fin du XVIIe siècle, la noblesse et les groupements de propriétaires se réservent les exploitations, ce qui favorise l'évolution des techniques d'extraction. Au XVIIIe siècle, l'emploi du charbon se généralise en Europe, et il apparaît indispensable au gouvernement de réformer le droit minier. En 1752 est accordée une première concession au Chevalier de Solages. A la fin du XIXe siècle, deux sociétés exploitent le bassin minier : la Société des Mines de Carmaux (S.M.C.), fondée en 1810 (sous le nom d'Entreprise des Mines et de la Verrerie de Carmaux, de Solages, père et fils) et la Société des Mines d'Albi (S.M.A.), créée en 1890. La S.M.C. exploitait la partie nord du bassin à partir de trois sièges d'extraction qui possédaient chacun 2 puits (Grillatié, Sainte-Marie et Tronquié). De 1900 à 1914, la S.M.C. modernise son matériel et ses méthodes (traction électrique, havage mécanique,...). En 1940, la production atteindra un record de 1.062.000 tonnes. La S.M.A. exploitait quant à elle la partie sud du bassin grâce à deux sièges d'extraction situés sur la commune de Cagnac-les-Mines : le siège de Campgrand (le plus ancien, qui comptait 2 puits) et le siège de la gare avec le puits n3.
En 1946, avec la nationalisation des houillères, les mines carmausines intègrent les Houillères du Bassin d'Aquitaine, puis en 1969, les Houillères de Bassin du Centre et du Midi. A partir des années 60, le marché du charbon diminue, ses débouchés traditionnels dans les transports et les industries disparaissent. Le déclin du secteur charbonnier à Carmaux sera progressif mais inéluctable, entraînant la fermeture des puits. Le siège de la Tronquié cessa son activité en 1987. Pour redonner un avenir au charbon, est lancé dès 1975 le projet d'une extraction à ciel ouvert, qui se réalisera effectivement à partir de 1984 avec l'ouverture de la découverte Sainte-Marie. Elle sera exploitée jusqu'au 30 juin 1997, date de l'arrêt définitif du charbon dans le Tarn. On évalue à 100 millions de tonnes la quantité extraite depuis le début du XIIIe siècle.
Il ne reste aujourd'hui que 4 vestiges importants de cette histoire : le site de la mine de Campgrand (puits n2), transformé enmusée.Ce puits de mine, foncé par la Société des Mines d'Albi en 1892 à une profondeur de 202 m, est mis en service en 1896, arrêté en 1905, lors de la mise en service du puits n 3. Il ne sert plus ensuite que de puits d'aération et de secours jusqu'en 1985. On peut notamment découvrir sur le site le chevalement en poutrelles à treillis couvert de planches, la salle des machines (machine d'extraction Fournier Mouillon), la cheminée (témoignage de l'époque de la vapeur) et un ventilateur aspirant Rateau associé à une cheminée d'évacuation en brique carrée. A Blaye-les-Mines, un chevalement provenant du siège Sainte-Marie a été préservé et installé à côté de la mairie. Ce siège comportait 2 puits foncés en 1893 et 1898 équipés de chevalements de 1900 et 1903. Il servit pour l'extraction jusqu'en 1954 et fut définitivement fermé en 1973. Toujours à Blaye-les-Mines, se dresse l'impressionnant lavoir à charbon de la Tronquié, fermé en 1997 et revendu à un entrepreneur. En attente d'une réaffectation et soumis à un vandalisme important, le bâtiment principal est aujourd'hui très dégradé. Enfin il est difficile de manquer l'énorme cratère de la découverte Sainte-Marie, transformé enbase de loisir.


Le bassin houiller de Graissessac - Hérault

Du Bousquet d'Orb à Plaisance, le bassin minier de Graissessac s'étend sur une vingtaine de kilomètres. Les premières concessions datent de la fin du XVIIIe siècle, mais les habitants du pays connaissaient depuis longtemps l'existence du combustible. Ils retiraient des affleurements le charbon nécessaire à leur chauffage et à la fabrication des clous. Pendant la première moitié du XIXe siècle, l'industrie minière se développe et fournit les manufactures des environs : fabriques de drap de Bédarieux et Lodève, distilleries de l'arrondissement de Béziers, fours à chaux, savonneries, fonderies. L'écoulement du charbon est limité par le manque de voies de communication. A partir de 1858, l'ouverture de la ligne de chemin de fer Béziers-Graissessac ouvre de nouveaux marchés terrestres et maritimes. Du Second Empire à la dernière guerre, le bassin minier connaît une expansion croissante. En 1946, les mines de Graissessac sont nationalisées et entrent dans le groupe des Houillères du Bassin des Cévennes, elles mêmes intégrées dans les Houillères de Bassin du Centre-Midi en 1968. Mais bientôt, la concurrence des nouvelles sources d'énergie entraîne la fermeture des mines de fond. A partir de 1962, seule une exploitation de charbon en découverte (à ciel ouvert) fonctionne avec peu d'ouvriers jusqu'en 1994.
Source :Communauté de Communes des Monts d'Orb
Sur les 10 puits que comptait le bassin, il ne reste que le chevalements du puits Durand à Camplong, foncé de 1873 à 1876 à 98 mètres de profondeur. Il subsiste aussi les bâtiments du puits Padène à Graissessac, le dernier foncé dans la région (1925), mais sans le chevalement. En contrebas se trouvent les anciens ateliers de la mine (transformés en fonderie puis abandonnés) et les bureaux aux allures de château fort. Il existe cependant d'autres vestiges plus anciens comme le carreau de la mine Simon Supérieur (1862) où sont encore visibles, outre de nombreux bâtiments et l'entrée de la galerie, les restes du ventilateur Mortier datant de 1872. Enfin, il est possible de voir plusieurs entrées de galeries murées, dont celles de la mine Grand-Champ (non photographiée).


Les mines de fer du massif du Canigou / Pyrénées Orientales

Voir le reportage sur ces mines :mines de fer du Canigou


© Sébastien Berrut 2007-2011 | Contact | Demande d'utilisation d'une photo