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Le Bassin Ferrifère Lorrain

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Le bassin ferrifère s'étend à l'ouest d'une ligne Thionville-Metz-Nancy, sur une distance de 100 km environ, du Nord au Sud, entre la frontière belgo-luxembourgeoise et Neuves-Maisons, et sur 20 à 30 km d'Est en Ouest. La pointe annuelle de production a été atteinte au milieu des années 70, avec près de 55 millions de tonnes de minerai extraits. Dans ce bassin, 252 concessions avaient été octroyées pour l'exploitation de ce qu'il était convenu d'appeler la «minette» de Lorraine, cette dénomination étant en relation avec la teneur en fer relativement faible du minerai. Le minerai de fer lorrain est de type oolithique, c'est-à-dire caractérisé par de petits grains de quelques dixièmes de millimètres, appelés « oolithes », généralement constitués d'oxydes hydratés et liés entre eux par un ciment interoolithes dont les composants essentiels sont du calcaire et de la silice. La couleur des oolithes varie du jaune-brun, au rouge, gris ou vert noir. Cette particularité a conduit à désigner, dans beaucoup de sites d'exploitation, les couches par leurs couleurs représentatives. La teneur moyenne en fer des couches exploitées est de l'ordre de 30 à 35%. Pour des raisons à la fois techniques et économiques, le nombre de couches exploitées dans le bassin ferrifère a généralement été limité à deux. L'extraction de la minette s'est achevée le 30 juillet 1997 à la mine des Terres Rouges à Audun-le-Tiche.
Source : http://www.lorraine.developpement-durable.gouv.fr/

Pour accéder au minerai, les exploitations étaient soit des mines à flanc de coteau (Nancy, Longwy et bassin Nord) soit des puits surmontés d'un chevalement (bassins Sud, Centre et Nord). Sur les nombreux chevalements du bassin ferrifère, il n'en reste plus que 3 aujourd'hui : celui de la mine de Bassompierre à Aumetz, transformée en musée de la mine, celui de la mine des Terres Rouges à Audun-le-Tiche (la démolition du carreau est imminente mais la Société Arcelor-Mittal se serait engagée à préserver le chevalement) et enfin celui de la mine d'Errouville à Crusnes.

Secteur Nancy / Neuves-Maisons

Le bassin ferrifère de Nancy est assez secondaire (18 000 hectares seulement) et a principalement été exploité par des mines à ciel ouvert (exploitations anciennes) puis par des mines à flanc de coteau, comme la mine du Val de Fer à Neuves-Maisons. Cette mine a été ouverte en 1874 par la Société de la Haute-Moselle et le minerai était utilisé à l'usine sidérurgique installée dans la vallée. En 1932 est construit sur le carreau l'imposant accumulateur à minerai de type Zublin, comportant 16 silos à trappes d'une capacité de 6500 tonnes. Le minerai y était réparti en fonction de la teneur en fer et de la provenance ; deux silos étaient réservés à la castine (fondant pour les hauts-fourneaux). La production s'intensifie jusqu'en 1966 mais elle baisse brutalement au second semestre alors que des machines très perfectionnées, commandées en 1964, viennent d'être livrées. La mine ferme définitivement le 31 décembre 1968 après un an de démantèlement.
Depuis 1977, la Municipalité de Neuves-Maisons et l'associationAtelier Mémoire Ouvrière(A.M.O.) ont œuvré pour valoriser le site : restauration du mur d'enceinte du carreau, aménagement de l'ancienne poudrière pour les visites. Ils ont surtout obtenu en 1992 l'inscription aux Monuments Historiques du vestige le plus important du site, l'accumulateur à minerai Zublin, caractérisé par un système de trappes breveté et une superbe voie suspendue pour le retour des berlines vides. Mes remerciements vont à Joëlle et Michel de l'A.M.O. pour la visite du site et la documentation.


Secteur Briey (bassins Sud et Centre)

Dans ce secteur, caractérisé par une exploitation par des mines à puits, la totalité des chevalements et des installations de traitement du minerai a été détruite. Cependant sur la plupart des anciens carreaux miniers quelques bâtiments servant à de petites entreprises industrielles sont toujours visibles et possèdent souvent une architecture soignée. Voici une série d'images de ces bâtiments, prises sur le carreau des mines Ida, Pauline, de Roncourt, du Paradis, Sainte-Marie, d'Auboué, de Valleroy, de Saint-Pierremont, de Tucquegnieux, de Mairy, d'Anderny-Chevillon, de Sancy, de Droitaumont et de Giraumont.


Secteur Longwy / Thionville (bassin Nord)

Ce secteur du bassin ferrifère est celui qui concentre le plus de vestiges miniers avec en particulier trois chevalements, symbole des mines à puits (mine de Bassompierre à Aumetz, mine des Terres Rouges à Audun-le-Tiche et mine d'Errouville à Crusnes). C'est ici que l'exploitation du fer lorrain cessa en 1997 à la mine des Terres Rouges.
Bel exemple d'une mine à flanc de coteau, la mine d'Hussigny-Godbrange fut fermée en 1978 mais l'altitude a permis d'éviter l'ennoyage des galeries depuis l'arrêt des pompes d'exhaure. Une partie de la mine a été sécurisée parl'Association d'Histoire Industrielle (A.H.I.)qui organise régulièrement des visites, avec des démonstrations 'grandeur nature' de techniques minières : tir, boulonnage, forage, chargeuse, purgeuse, engins de transport... Une visite impressionnante que je recommande particulièrement. Je remercie chaleureusement les membres de l'Association et son Président pour leur accueil et les différentes explications.
Parmi les autres vestiges importants de l'exploitation du fer en Lorraine dans ce secteur, le haut fourneau U4 à Uckange a été preservé et inscrit à l'Inventaire des Monuments Historiques, grâce au travail de l'Association MECILOR. Ne pas oublier la visite dumusée des mines de ferde Neufchef.


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