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Belgique: bassin houiller de Liège


Le bassin houiller liégeois est inclus dans une vaste zone charbonnière qui s'étend, en Belgique, du sud-ouest au nord-est. Cette région comprend les bassins du Borinage, du Centre, de Charleroi et de la Basse-Sambre (Liège). Le bassin houiller liégeois s'étend de Liège à la frontière allemande, sa largeur atteignant 15 kilomètres à certains endroits. La forte présence d'eau dans les terrains était la principale difficulté à l'exploitation du charbon dans cette région. Afin de résoudre cet inconvénient majeur, les Liégeois avait mis au point un système de conduits, appelés «areines», qui canalisaient les eaux. Ils s'agit de galeries d'écoulement souterraines qui recueillaient les eaux du fond et qui les évacuaient vers le ruisseau voisin.

Charbonnage du Hasard - Cheratte

Le charbonnage du Hasard est situé à Cheratte, dans la vallée de la Meuse, coincé entre une colline boisée et la route. Le visiteur de passage à Cheratte ne peut être qu'impressionné par l'architecture de ce site, composé d'une partie néo-médiévale du début du XXème et d'une partie moderne en béton d'après la Seconde Guerre Mondiale.
Quelques exploitations du charbon furent signalées dès le XVIème, mais c'est en 1848 que l'histoire du site commença véritablement, avec l'acquisition de la concession par les Saroléa et les frères Corbusier qui foncèrent deux puits de 170 et 250 mètres de profondeur. L'extraction du charbon est rendue très difficile en raison des nombreuses venues d'eau, dont la plus importante en 1877 tua plusieurs mineurs. Faute de moyens, la mine fut mise en liquidation et ferma ses portes pendant une trentaine d'années.
En 1905, la concession fut rachetée par la S.A. Charbonnages du Hasard, basée à Micheroux, qui était alors une des sociétés les plus dynamiques de la région. Les études réalisées montrèrent que la houille se situe à forte profondeur. C'est pour cette raison, mais surtout en raison du manque de place, qu'est décidée en 1907 la construction d'une tour d'extraction avec machine en tête. De style néo-médiéval, elle fut la première tour d'extraction de Belgique. Elle était dès le départ équipée de deux puissants moteurs à courant continu. Les bâtiments annexes furent alors construits : magasin, ateliers de réparation, lampisterie, forge, service du personnel... Le lavoir fut construit de l'autre côté de la route en 1920 par la société Beer de Jemeppe. Il était relié aux puits par une passerelle encore visible de nos jours, contrairement au lavoir qui a disparu.
Le site est complété à partir de 1923 par la tour d'extraction à charpente métallique du puits n2, aujourd'hui détruite, puis en 1927 par le petit chevalement du puits n4. Situé au sommet de la colline, il servait pour l'aérage et pour l'évacuation des stériles. En 1930, environ 1500 personnes travaillaient sur le site.
En 1947 fut mis en service le puits n3, le plus moderne du charbonnage, équipé d'un chevalement en béton. Prévu à l'origine pour recevoir une machine d'extraction en tête, il a subi dès son achèvement une modification par l'ajout de 2 poussards dissymétriques, transformant cette tour d'extraction en chevalement classique, d'où son aspect particulier.
A la fin des années 60, la conjoncture économique devint plus difficile pour le charbon, avec l'avènement du pétrole. Dès 1968, plusieurs charbonnages de la région ferment leurs portes. A Cheratte, on constate que le rendement n'est que de 1000 tonnes par jour (autant qu'en 1930). Malgré la modernisation des infrastructures et l'augmentation de la productivité, l'extraction devient de plus en plus coûteuse et, le 31 octobre 1977, la fermeture définitive est prononcée. 590 ouvriers travaillaient encore sur le site.
Les installations du puits n1 et du puits n4 sont classées depuis les années 80, mais le chevalement du puits n3 et ses bâtiments annexes sont menacés de démolition.


Charbonnage du Bas-Bois - Soumagne

Le charbonnage du Bas-Bois se situe à la lisière du Plateau de Herve, non loin de Liège, sur la commune de Soumagne. La première trace écrite concernant l'extraction du charbon à Soumagne date de 1580, mais il est probable que le début de l'exploitation remonte au XIIIème siècle. Cependant c'est au XIXème siècle, avec la révolution industrielle, que l'exploitation du charbon changea d'échelle.
La Société Civile Crahay (Maireux et Bas-Bois), fondée le 21 octobre 1835, disposait d'une concession de mines de houille de 213 hectares, accordée en 1828 par arrêté royal. Le charbon ne fut d'abord exploité qu'autour du puits Maireux et la partie sud de la concession demeurait inexplorée. C'est ainsi que la Société Crahay décida en 1860 la création du siège du Bas-Bois. La 22 janvier 1862, le fonçage du puits d'extraction fut commencé et poussé jusqu'à la profondeur de 350 mètres. Cependant les travaux entrepris au siège du Bas-Bois ne donnèrent pas de résultats satisfaisants.
En 1884, la Société Civile Crahay fut transformée en Société Anonyme, et les charbonnages de Maireux et Bas-Bois vont vivre sous cette forme jusqu'en 1930. Le 18 mars 1930, est décidée la fusion avec la Société Anonyme des Charbonnages du Hasard à Micheroux.
Le Hasard pu alors établir une communication avec les galeries du Bas-Bois. Les 3329 hectares de la nouvelle concession s'étendent entre autre sous les communes de Barchon, Cheratte, Evegnée, Micheroux, Soumagne, Trembleur... Les Charbonnages du Hasard souhaitaient exploiter la partie nord de la concession Crahay au départ du puits Guillaume situé près de la gare de Micheroux. C'est pourquoi l'extraction du charbon au siège du Bas-Bois sera abandonnée le 5 septembre 1931.
Le siège n'est toutefois pas totalement fermé puisqu'il sera encore utilisé pour la descente des mineurs et pour l'aérage, le charbon remontant à Micheroux. Malheureusement le chantier fut bientôt limité dans son extension par la nécessité d'éviter tout dégradation au Domaine Provincial de Wégimont et son château. En effet la couche de charbon passe sous le château à plus de 600 mètres de profondeur et son exploitation aurait inévitablement entraîné des dégâts en surface. Le charbonnage cessa ainsi définitivement ses activités fin octobre 1970.
Source : Le charbonnage du Bas-Bois, un siècle d'exploitation houillère à Soumagne, Benoit Franck

Aujourd'hui le site est mis en valeur par la commune de Soumagne ; je remercie Mme Louise Mathieu qui a eu la gentillesse de se déplacer.


Charbonnage d'Argenteau-Trembleur - Blegny

Le Charbonnage d'Argenteau-Trembleur est situé sur le territoire de Blegny, au nord-est de Liège. Il constitue la dernière concession houillère du nord du bassin liégeois. Par rapport à d'autres sièges d'extraction, Argenteau-Trembleur était caractérisé par une relativement faible profondeur, certaines couches affleurant même à la surface. L'intérêt du site réside dans sa reconversion originale en domaine touristique, et dans la préservation de deux puits d'époques différentes (XIXème et XXème siècle). Le plus récent, toujours en service, donne accès aux galeries souterraines des étages -30 et -60 mètres, ouvert auxvisites.
A Blegny, l'exploitation de la houille commence dès le XVIème siècle, sous l'impulsion des moines de l'Abbaye de Val-Dieu, propriétaires de terrains houillers. Une première concession, celle de Trembleur, accordée en 1779 à Gaspard Corbesier, marque le début de l'exploitation industrielle. Ses descendants acquièrent également la concession voisine, celle d'Argenteau. Les deux concessions totalisent 879 ha et sont réunies en 1883, mais la société est mise en liquidation en 1887. Toute activité cesse alors pendant 30 ans.
Une nouvelle société, la S.A. des Charbonnages d'Argenteau, voit le jour en 1919, bientôt gérée par la famille Ausselet. La production croît rapidement : elle atteint déjà 84.000 tonnes/an en 1931 (contre 10.000 tonnes avant la première fermeture). Survient la Grande Guerre, qui entraîne la destruction de la tour du puits n1 et du lavoir. L'extraction continue via le deuxième puits, le puits Marie, mais à une cadence nettement ralentie. De 1942 à 1948, la tour du puits n1 et le triage-lavoir seront reconstruits. La production continue de croître. Elle atteint son apogée en 1970, avec 232.000 tonnes, pour un effectif d'environ 680 personnes.
En 1975, le Comité Ministériel de Coordination Economique et Sociale décide d'arrêter la subsidiation de l'Etat aux charbonnages wallons. Les derniers sièges liégeois ferment leurs portes les uns après les autres; celui d'Argenteau-Trembleur bénéficie du triste privilège de fermer le dernier, le 31 mars 1980.
De nos jours, on peut voir les différentes infrastructures du siège : puits n1 surmonté d'une tour d'extraction en béton, triage-lavoir Evence-Coppée et mise à terril datant d'après la seconde guerre mondiale, ainsi qu'un bâtiment plus ancien, le puits Marie (1816 ?) équipé d'un chevalement métallique. Profond de 234 mètres, il a servi de puits principal jusqu'en 1887 puis de retour d'air jusqu'en 1983.
Source :Blegny Mine


Cokerie Arcelor-Mittal (ex Cockerill-Sambre) - Ougrée

La région de Liège fut le siège d'une intense activité sidérurgique. Encore de nos jours, de nombreuses installations sont en service (haut-fourneau, usine d'agglomération, cokerie, acierie, laminoir...). La cokerie d'Ougrée appartenait au groupe Cockerill-Sambre qui fut intégré au groupe Arcelor en 2002, lui même racheté par Mittal pour former le groupe Arcelor-Mittal en 2006. Elle est composée de 4 batteries totalisant 139 fours et produisant 800 000 tonnes de coke sidérurgique par an. Elle alimente en coke le haut-fourneau B situé non loin au bord de la Meuse.


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