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Les ardoisières du Nord-Ouest

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On trouve des ardoisières dans de nombreuses régions françaises mais c'est surtout le Nord-Ouest qui concentre le plus grand nombre de sites ardoisiers (Côtes d'Armor, Finistère, Morbihan, Mayenne mais surtout le Maine-et-Loire). Aux XVIIIe et XIXe siècles, les principales zones de production de l'ardoise se situent en Anjou. Au fil des siècles, Trélazé s'affirme comme le centre le plus important, pour la quantité comme pour la qualité. Le gisement Anjou-Mayenne fournit l'essentiel de la production française. Le maximum est atteint en 1905 avec 175 000 tonnes.
Le code minier, établi en 1810, a classé les ardoisières dans la famille des carrières. Depuis 1946, les ardoisiers sont assimilés au statut de mineur.

Les ardoisières de Trélazé - Maine-et-Loire

La légende attribue la découverte de l'utilisation de l'ardoise comme matériau de couverture à l'évêque d'Angers, Licinius, en 592, devenu Saint-Lézin, patron des ardoisiers. Les premières ardoisières de Trélazé apparaissent en réalité aux XVe et XVIe siècle. Elles s'appellent alors Tire-Poche, Champ-Robert, Terre-Rouge. Jusqu'en 1789, les communautés religieuses sont les principaux propriétaires des terrains ardoisiers. Elles en concèdent l'exploitation à des entrepreneurs qui, eux-mêmes, vendent le schiste à des ouvriers. Ces derniers se chargent de son extraction et de sa taille, puis recèdent les ardoises obtenues aux entrepreneurs. Au cours des XVIe et XVIIe siècles, l'ardoise de Trélazé prend tout son essor en devenant le matériau de couverture de référence sur l'ensemble des demeures royales et seigneuriales, comme les châteaux de la Loire, le château de Versailles, etc... Ainsi, pendant plus de 8 siècles, de nombreuses sociétés ardoisières se partagent 'l'or noir' de l'Anjou, qui affleure sur le Bassin d'Angers, et notamment dans la ville de Trélazé. En 1891, les plus gros producteurs fusionnent pour donner naissance à laSociété des Ardoisières d'Angers.Celle filiale du groupe Imerys exploite aujourd'hui la dernière carrière d'ardoise souterraine de France sur le site des Grands-Carreaux, d'où sont extraites plus de 11 000 tonnes d'ardoise par an.
Source :Site de la ville de Trélazé

Le patrimoine industriel ardoisier à Trélazé est encore très visible de nos jours avec notamment 8 chevalements, parfois accompagnés de leur machine d'extraction. Il fait l'objet de projets de valorisation.

Puits 25 et 26 des Fresnais


Puits de Champ-Robert


Puits de Grand-Maison


Puits 3 et 7 de Monthibert


Puits 6 et 8bis de l'Hermitage


Les ardoisières de Noyant-la-Gravoyère et Combrée - Maine-et-Loire

Ardoisière de Misengrain - Noyant-la Gravoyère

L'existence de l'ardoisière de Misengrain est attestée dès le XVIIe siècle, mais elle ne prit de l'importance qu'après la fondation d'une société, en 1833. Elle appartient ensuite à une société anglaise puis à la Société de l'Ouest rachetée en 1894 par la «Société Ardoisière de l'Anjou». Jusqu'à 800 ouvriers ont travaillé sur le site. L'exploitation se poursuivit jusqu'au 30 juin 1986, date du dépôt de bilan de la société. L'ardoisière fut alors rachetée par les «Ardoisières d'Angers» et remise en service en 1987. Elle ferma définitivement douze ans plus tard.
Aujourd'hui le site est réutilisé par une entreprise de démolition ce qui a permis la préservation de nombreux bâtiments liés à l'exploitation de l'ardoise. Le puits 7, qui a servi de puits d'extraction jusqu'à la fermeture, conserve son chevalement métallique ainsi que le bâtiment abritant une machine d'extraction électrique de 1934 (en bon état). A proximité se trouvent les ateliers de débitage des blocs d'ardoise ainsi que les ateliers pour la fente. Il ne reste que peu de matériel dans ces bâtiments, puisqu'ils vont faire l'objet d'un nouvel usage. A l'autre bout du site, le petit chevalement métallique du puits 6 est toujours visible. Il servait de puits de secours et d'aérage. La cité ouvrière de Misengrain est érigée dès les années 1880 par la Société des Ardoisières de l'Anjou. Une partie de la cité a été réhabilitée et reconvertie en hôtel-relais.
Source :Notice nIA49002225de la base Mérimée

Je remercie la sociétéOccamatpour pour avoir autorisé la réalisation de ce petit reportage et pris le temps de me guider sur le site.



Ardoisières de Bel-Air et de la Forêt - Combrée

L'activité ardoisière à Combrée commence dès les années 1840, où plusieurs carrières à ciel ouvert sont exploitées. En 1876, la «Société des Ardoisières de la Forêt» reprend ces exploitations. En 1896, la Commission des Ardoisières d'Angers s'implante à Bel-Air afin de concurrencer directement la Société Ardoisière de l'Anjou, propriétaire de Misengrain ; elle rachète le tout en 1908 après la faillite des Ardoisières de La Forêt. Le puits n1 est foncé à 195 mètres de profondeur à partir de 1896 ; le puits n2 est foncé à 160 mètres en 1906. A cette date, on construit une cité ouvrière comprenant des logements, une église et une école. En 1942, un troisième puits est ouvert et fera 106 mètres de profondeur. Les puits 4, 5 et 6 seront par la suite foncés avant la cessation d'activité en 1982.
Outre l'importante cité ouvrière, il subsiste de ces exploitations quelques bâtiments plus ou moins délabrés, ainsi qu'un petit chevalement métallique perdu dans la nature.
Source :Notice nIA49002032de la base Mérimée


Les ardoisières de Renazé - Mayenne

La commune de Renazé, située au sud du département de la Mayenne, a fait l'objet d'une intense exploitation de schistes ardoisiers, et ceci depuis au moins le XVIe siècle. Cette exploitation, initialement conduite à ciel ouvert, s'est poursuivie à la fin du XIVe siècle en carrières souterraines, par puits et chambres. Le puits le plus profond descendait à 305 mètres sous la surface. L'arrêt de la dernière exploitation date de 1976. La principale société ayant exploité le gisement de Renazé est la Société des Ardoisières de l'Anjou, qui s'était constituée en 1894 et avait acquis en 1895 l'Ardoisière de l'Aubinière et en 1896 les Ardoisières de la Touche et du Fresne. La société a poursuivi ses activité jusque fin décembre 1975, l'exhaure a été stoppé fin mars 1976. Le site de Renazé a été pendant longtemps le second producteur d'ardoises de l'Ouest (après celui de Trélazé), avec jusqu'à 100 millions d'ardoises produites annuellement. Les effectifs ont atteint 569 personnes en 1914.
Plusieurs quartiers ont été exploités à Renazé : Longchamps, Laubinière, Saint-Aignan, la Touche,... Il ne reste plus aucun vestiges visibles du quartier de la Touche.
Je remercie Lilian L., président de l'Association des Perreyeurs Mayennais pour son accueil lors de mon passage à Renazé.
Source : rapport BRGM

Quartier de Longchamps

L'exploitation de l'ardoise dans le quartier de Longchamps débuta à ciel ouvert (jusqu'à 40 à 60 mètres de profondeur, et même 110 mètres dans la partie est). L'exploitation en souterrain s'est faite en trois étapes. Un premier puits dont l'emplacement n'est pas connu, a permis d'exploiter l'ardoise entre les niveaux -59 et -81 mètres. Un second puits (Longchamps n2) a ensuite été foncé à une profondeur de 180 mètres et a permis d'exploiter une quinzaine de chambres. En 1939, un troisième puits (Longchamps n3) est foncé à 305 mètres de profondeur. Il est équipé en 1941 d'un chevalement métallique et mis en service début 1943. L'exploitation depuis le puits Longchamps 3 s'arrêta définitivement en 1969. Le chevalement (dont la partie supérieure a été déposée pour des raisons de sécurité) et la machine d'extraction sont toujours visibles et mis en valeur dans le cadre du musée de l'Ardoise.



Quartier de Laubinière

C'est probablement dans le secteur de Laubinière (ou l'Aubinière) qu'ont débuté les plus anciennes exploitations à ciel ouvert. Une seconde vague d'exploitation, qui serait poursuivie jusqu'en 1933, s'est faite par puits et galeries. Enfin, une troisième phase d'exploitation a débuté en 1944 avec le dénoyage des travaux souterrains. A partir de 1946, le puits dit de Laubinière est remis en service. Dès 1950, l'ensemble des quartiers est en communication, et le puits de Laubinière est utilisé comme puits de secours. Laubinière a été le dernier quartier exploité sur la commune de Renazé, jusqu'en décembre 1975. Le petit chevalement métallique est toujours visible actuellement, ainsi que le bâtiment du treuil.


Quartier de Saint-Aignan

Le quartier de Saint-Aignan comprenait 2 puits. Le premier (puits n1), situé plus à l'ouest, a été foncé entre 1920 et 1922, à une profondeur de 213 mètres. Il était équipé d'un chevalement en bois aujourd'hui disparu. Le second (puits n2) a été foncé à partir de 1922 et mis en service en 1925. Il était équipé d'un chevalement métallique encore visible de nos jours au milieu du carreau, propriété d'une entreprise locale. L'exploitation dans ce quartier s'est arrêtée au puits n2 en 1959.


Les ardoisières de Maël-Carhaix - Côtes-d'Armor

L'ardoisière souterraine du Moulin de la Lande est implantée sur la commune de Mal-Carhaix au coeur de la Bretagne. Cette ardoisière a été ouverte vers 1903 sur une veine de schiste ardoisier du carbonifère de 11 m de puissance. Les ardoises produites étaient d'excellente qualité, sans pyrite, et très appréciées, en particulier, pour la restauration des monuments historiques (Parlement de Bretagne, Palais de Chaillot, château de Vincennes, chapelle de Saint-Louis des Invalides, cathédrale du Mans,...). Mal-Carhaix disposait alors de la plus importante manufacture d'ardoise de Bretagne. Cette ardoisière souterraine a été fermée en 2000 par la DRIRE pour non respect des arrêtés de mise en conformité de l'exploitation, aux prescriptions de sécurité et d'environnement.
Source : BRGM

Le site n'a pas bougé depuis sa fermeture et l'ensemble des installations est encore en place (2 chevalements, ateliers, treuils d'extraction...).


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