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Allemagne: Bergwerk Ibbenbüren (Ibbenbüren / Nordrhein-Westfalen)


17/09/2019

La mine d'Ibbenbüren, située à Ibbenbüren dans le land de Rhénanie du Nord-Westphalie, était l'une des deux dernières mines de charbon en Allemagne, avec la mine Prosper-Haniel dans le bassin de la Ruhr. Elle produisait de l'anthracite, destiné à 80% à la centrale thermique RWE voisine. La mine est actuellement en cours de liquidation.
L'histoire de la mine d'Ibbenbüren telle qu'elle existe aujourd'hui remonte à 1846 avec la fusion de la mine Schafberg avec la mine de Glücksburg. Jusqu'en 1924, la mine de Glücksburg était propriété de l'Etat Prussien. Son nom fut ensuite changé pour Ostfeld puis pour son nom actuel Bergwerk Ibbenbüren. En 1851, les travaux de construction du puits Von der Heydt ont été lancés. Ce puits sera relié par chemin de fer à la gare d'Ibbenbüren. Les installations existantes étant insuffisantes pour assurer le développement de la mine, le puits von Oeynhausen 1 est foncé à partir de 1860. Le puits von Oeynhausen 2, dédié à l'extraction est achevé en 1872. Von Oeynhausen devient alors le siège principal de la mine Ostfeld et le siège Von der Heydt est fermé en 1885.
Après la catastrophe de 1894 (intrusion d'eau violente qui a détruit la mine en quelques semaines), la mine est reconstruite et repensée. L'ancien puits d'exhaure von Oeynhausen 1 devient un puits d'extraction, celui de von Oeynhausen 2 un puits d'exhaure. En 1899, un triage-lavoir et une usine de briquettes sont inaugurées. La production reprend au début du 20ème siècle et en 1905, une centrale électrique au charbon est construite à proximité du siège. Avec le déplacement des travaux vers l'est, le puits Theodor (du nom de Theodor Freund, responsable de l'administration prussienne) est créé à l'est des puits von Oeynhausen dans le but de réduire les temps de trajet du personnel et d'améliorer la ventilation.
A partir de 1924, suite à la reprise de la mine par la société Preussag, un vaste plan de modernisation conduit à la rénovation des chevalements et à un approfondissement des puits. Les installations du jour sont agrandies, une nouvelle usine de briquettes est mise en service et en février 1930, le fonçage du puits von Oeynhausen 3 débute ; il sera mis en service en mai 1932.
Le projet le plus important des années 1950 est la construction du puits Nord (Nordschacht) à Mettingen. L'extraction du charbon se déplace en effet de plus en plus au nord et en profondeur. La centrale Preussag est mise en service en 1954 sur le siège von Oeynhausen pour produire de l'électricité à partir de schlamms et de charbons de mauvaise qualité. En 1962, le chemin de fer de la mine est relié au port de Mittellandkanal et électrifié. Le puits Bockradener est foncé de 1962 à 1965. Il était destiné au service dans le champ Ouest, mais en raison des énormes afflux d'eau pendant les travaux, combinés à la crise dans l'industrie du charbon, le puits ne sera utilisé que pour l'aérage. Il conservera cette fonction pour le champ Est après l'abandon du champ Ouest en 1979. En 1967, la centrale existante de Preussag est complétée par la centrale RWE 'Ibbenbüren Block A'.
En 1974, le puits von Oeynhausen 3 est équipé de skips de 15 tonnes (capacité d'extraction de 1 200 tonnes/heure). Le transport du charbon au fond par berlines est abandonné et remplacé par des convoyeurs à bandes. Dans les années 1980, le lavoir à charbon est agrandi et l'usine de briquettes fermée. Début 1985, la centrale Preussag est fermée. La même année, RWE met en service une nouvelle tranche dans sa centrale nommée 'Ibbenbüren Block B' ; la quasi totalité du charbon extrait par la mine y sera brûlé. Le block A est fermé en 1987.
En 1998, l'activité charbon de Preussag est transférée dans la société 'Preussag Anthrazit GmbH'. Cette dernière est reprise le 1er janvier 1999 par la 'Deutsche Steinkohle AG' du groupe RAG sous le nom 'DSK Anthrazit Ibbenbüren GmbH', renommée le 1er janvier 2008 en 'RAG Anthrazit Ibbenbüren Gmbh'. En 2005 débutent les travaux d'exploration visant à développer le champ Beust (Beusfeld), dont l'exploitation était la condition essentielle pour maintenir la mine en activité jusqu'à la sortie de l'extraction de houille en Allemagne, prévue en 2018.

L'extraction du charbon au fond cesse le 17 août 2018 dans le champ Beust (Beustfeld), suivie par la fermeture du lavoir le 31 août. La dernière berline de charbon est symboliquement remontée le 4 décembre 2018 - jour de la Sainte-Barbe - par le puits von Oeyenhausen 3, marquant la fermeture officielle de la mine. Le puits Theodor est le 1er puits remblayé, entre le 15 mars et la mi-mai 2019.

Dans l'histoire récente de la mine, 6 puits étaient utilisés :
     • puits von Oeynhausen 1 (profondeur 414,9 m) : matériel
     • puits von Oeynhausen 2 (profondeur 339,3 m) : sans chevalement, exhaure
     • puits von Oeynhausen 3 (profondeur 868,0 m) : puits d'extraction principal (4 skips)
     • puits Theodor (profondeur 603,3 m) : puits de ventilation principal
     • puits Nord (profondeur 1 545 m) : puits principal pour le personnel et le matériel
     • puits Bockradener (profondeur 391,1 m) : ventilation

La production était de l'ordre de 1 900 000 tonnes d'anthracite par an avec 2 700 travailleurs, pour un total extrait d'environ 120 millions de tonnes.

Source : principalement Wikipedia DE

Siège von Oeynhausen / Ibbenbürren

Il s'agit du siège principal de la mine dédié à l'extraction, au traitement et à l'expédition du charbon. Il jouxte la centrale thermique RWE (ancien-nement Block B) d'une puissance de 848 MW et dominée par une cheminée de 275 mètres de haut. Les puits von Oeynhausen 1 et 3 sont surmontés de chevalements métalliques. Le charbon était traité dans un grand lavoir composé de plusieurs bâtiments accolés. L'ancienne usine à briquettes, bien qu'abandonnée, est toujours visible. Au nord-ouest des puits est implantée une longue halle pour l'homogénéisation du charbon.

La mine vue depuis la rue


Sur le carreau


Vue depuis le toit de l'ancienne briquetterie


Télévigie et lampisterie


Recette jour du puits von Oeynhausen 3 et lavoir

Le charbon remonté par les skips est déchargé au niveau de la recette jour du puits von Oeynhausen 3 et débute son long chemin dans les méandres du lavoir. Ce dernier est composé de plusieurs bâtiments comprenant des équipements assez classiques pour ce type d'installation : bacs à pistonnage pneumatique, système de lavage par liqueur dense 'Drew-Boy', cellules de flottation pour les schlamms, centrifugeuses, filtres à disques rotatifs, nombreux cribles vibrants...


Machine d'extraction à vapeur du puits von Oeynhausen 1

Le puits von Oeynhausen 1 est équipé d'une machine à vapeur à tambour (diamètre 6,5 mètres), toujours opérationnelle en 2018. Construite en 1913 par la Maschinenfabrik Buckau AG de Magdeburg, elle équipait initialement le puits Elisabeth de la Gewerkschaft Wilhelmshall (potasse) à Anderbeck (Oschersleben). Elle fut installée à la mine d'Ibbenbüren en 1928.


Machines d'extraction du puits von Oeynhausen 3


Grande halle d'homogénéisation du charbon

Cette grande halle est construite en 1987. Equipée d'un stacker et d'un reclaimer, elle permettait l'homogénéisation du charbon provenant des différentes couches de la mine.


Carreau du puits Nord (Nordschacht) / Mettingen

Le puits Nord était le principal puits de service de la mine d'Ibbenbüren (personnel et matériel). Il est situé à Mettigen, 2.6 km au nord-est du siège von Oeynhausen. Son fonçage débute en 1953 à partir du 3ème étage de la mine, puis en juillet 1956 à partir de la surface. La jonction sera effectuée en novembre 1957. En 1960, le puits atteint la profondeur visée avec 807.65 mètres. Une lampisterie et un parking pour 1 500 mineurs sont créés sur le carreau de ce nouveau puits.
Afin d'atteindre de nouvelles ressources d'anthracite, le puits Nord est ravalé en 1974 jusqu'à 1 417.5 mètres. Le 5ème étage de la mine est alors créé. Toute la production de charbon est désormais remontée vers la recette fond du puits von Oeynhausen 3 par un plan incliné équipé d'un convoyeur à bande. Enfin en 1986-88, le puits est à nouveau ravalé jusqu'à sa profondeur finale de 1 545 mètres et le 6ème étage de la mine est ouvert. Pour améliorer les conditions au fond où règnent de fortes températures, un système de refroissement central est mis en service.
Jusqu'en 1987, le puits Nord était le puits de mine de charbon le plus profond en Europe. Il est ensuite dépassé par le puits Nord de la mine Sarre jusqu'à sa fermeture le 30 juin 2012. Il repris alors son titre, en attendant son probable remblayage...
Le puits Nord est équipé de 2 chevalements métalliques en poutres-caisson accolés à 90° (double compartiment). Chaque compartiment est surmonté d'une paire de molettes parallèles (les 2 machines d'extraction possèdent une poulie Koepe monocâble). Les installations du carreau comptent également de grandes salles des pendus (Schwarzkaue et Weißkaue), une lampisterie, un parc à matériel, des bureaux, ainsi qu'une centrale de production de chaleur et d'électricité fonctionnant au gaz de mine.

Le carreau vu depuis l'extérieur


Salle des pendus (vestiaire des mineurs) : Schwarzkaue


Lampisterie


Recette jour du puits Nord et parc à matériel


Machine d'extraction 'ouest' du puits Nord


Autres puits

Quelques photos de 2 puits périphériques :

• Le puits Theodor (Theodorschacht) : situé 2.5 km au sud-est du siège principal, il était un des deux puits de ventilation de la mine. Il n'est pas équipé de chevalement.

• Le puits Morgenstern (Morgensternschacht) : situé à Westerkappeln, à l'extrême est de la zone minière, il est foncé en 1824 jusqu'à une profondeur de 88 mètres comme puits d'extraction de la mine Schafberg. Après la fusion avec la mine Glücksburg, le puits devient inutile. Il est ainsi abandonné le 1er avril 1872, les bâtiments détruits et le puits remblayé. De 1920 à 1928, le puits est reconstruit et assure l'extraction du charbon dans le champ Morgenstern pour la Gewerkschaft Concordia. Le charbon est alors transporté par téléphérique jusqu'à la gare de Laggenbeck. En 1940, il est remis en service pour la mine Ostfeld (aujourd'hui Ibbenbüren). Il est approfondi en 1943 jusqu'à 348 mètres et équipé de la tour d'extraction en maçonnerie que l'on peut encore voir de nos jours. Plus récemment il servait essentiellement pour l'aérage et l'exhaure. En 1979, le champ Morgenstern est finalement abandonné et le puits remblayé.

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